Le bâtiment basse consommation est déjà une réalité

Les 1 100 bâtiments démonstrateurs soutenus dans le cadre du PREBAT montrent que la basse consommation peut être atteinte avec les technologies existantes et pour des coûts maîtrisés. Les enseignements tirés de ces opérations exemplaires faciliteront la mise en œuvre, dès la fin 2011, de la RT 2012 pour les bâtiments tertiaires et publics.

Parmi les 1 100 projets de bâtiments démonstrateurs aidés représentant une surface totale de 850 000 m2 shon (surface hors œuvre nette), 60 % concernent le résidentiel (maisons individuelles et logements collectifs) et 40 % le tertiaire (bureaux, santé, hébergement...). Les enseignements de ces démonstrateurs permettent de diffuser largement les meilleures solutions et les techniques d’optimisation auprès de tous les professionnels du bâtiment, notamment dans la construction neuve, qui représente 80 % des projets.
Pour être lauréat du PREBAT, un bâtiment démonstrateur doit présenter les niveaux de performances énergétiques suivantes :

  • pour le secteur résidentiel : niveau du label BBC, soit 50 kWh /an/ m2 en moyenne pour le chauffage, l’eau chaude, le rafraichissement, la ventilation, les auxiliaires de chauffage, l’éclairage dans le neuf et un niveau du label BBC, soit 80 kWh/m2/an en moyenne, en réhabilitation ;
  • pour le secteur tertiaire : une réduction de la consommation d’énergie de 50 % par rapport à la réglementation dans le neuf et une réduction de la consommation d’énergie de 40 % par rapport à la réglementation en réhabilitation.

Un surcoût de 10 à 15 % compensé par des économies d’énergie

L’expertise des 124 projets de construction neuve lauréats du PREBAT montre la faisabilité de la basse consommation à des coûts maîtrisés, voire sans surcoût pour une dizaine de bâtiments du tertiaire et du résidentiel collectif. Ainsi, 85 % des projets renseignés affichent un coût de travaux inférieur à 2.000 euros/m2 et 60 % un coût inférieur à 1 500 euros HT/m2 shon. Plusieurs projets du résidentiel collectif et du tertiaire se trouvent même sous la barre des 1 200 euros HT/m2 shon, coût moyen observé en construction neuve dans ce secteur. Le projet de construction de logements collectifs "Minima Domus" dans le Doubs (16 logements locatifs sociaux répartis en deux bâtiments, chacun comprenant 4 T3 et 4 T4, le tout pour 1 394 m2 de surface habitable) prévoit même une consommation énergétique prévisionnelle de 54,10 kWhep/m2/an (niveau du label BBC Effinergie dans cette zone climatique : 60 kWhep/m2/an) pour une coût des travaux de 938 euros HT/m2 shon. Les bâtiments sont compacts (pour limiter les pertes de chaleur), et orientés de façon à optimiser les apports solaires et la luminosité. Les principales caractéristiques de ce projet sont : une isolation extérieure de l’enveloppe, des menuiseries PVC avec double vitrage, une bonne perméabilité à l’air (égale à 1), une chaudière gaz à condensation collective et le choix du solaire pour l’eau chaude sanitaire.

Si la construction d’un bâtiment BBC représente encore un surcoût de l’ordre de 10 % à 15 %, celui-ci doit être mis au regard des économies d’énergie réalisées sur la durée de vie du bâtiment (consommations d’énergie divisées par deux par rapport à un bâtiment respectant la réglementation). L’application de la RT2012 aux bâtiments tertiaires et publics, dès la fin 2011, devrait, par ailleurs, stimuler l’offre de produits et de technologies et faire baisser les coûts.

Une combinaison de techniques déjà disponibles

Toutes les filières constructives sont représentées dans les 124 projets de bâtiments démonstrateurs expertisés avec un recours à des techniques classiques ou en développement :

  • un mode de chauffage performant : pompes à chaleur (45 % des maisons individuelles et 40 % des projets tertiaires), chaudière gaz à condensation (55 % des projets résidentiels), poêle ou chaudière au bois (40 % des maisons individuelles) ;
  • des besoins de chauffage fortement réduits grâce à une isolation renforcée de l’enveloppe (murs et toitures), un recours croissant à l’isolation par l’extérieur (55 % des projets) et au triple vitrage (18 % des projets, zone climatique H1) ;
  • une bonne étanchéité à l’air de l’enveloppe (inférieure ou égale à 1 pour 50 % des projets) ;
  • une ventilation améliorée (Hygro B) et en particulier une ventilation double flux (90 % des projets dans le tertiaire et 45 % des projets dans le résidentiel) ;
  • l’utilisation de matériaux renouvelables (ouate de cellulose, fibres de bois) dans plus de 20 % des projets ;
  • une très forte utilisation des énergies renouvelables (présentes dans 90 % des projets) et notamment du solaire thermique, devenu incontournable pour l’eau chaude sanitaire dans le résidentiel (90 % des projets résidentiels). Le solaire photovoltaïque est de plus en plus utilisé (35 % des projets), notamment dans le tertiaire (55 % des projets).

Un facteur important de succès réside dans la phase de conception et notamment le travail en partenariat entre l’architecte et un bureau d’études énergétiques qui favorise une meilleure maîtrise des coûts (optimisation de l’implantation et de l’orientation du bâtiment).

Vers une génération de démonstrateurs

Au total, près de 1 500 bâtiments sont attendus fin 2010. Tous les projets respectent les exigences du BBC, une douzaine de bâtiments étant même à énergie positive. Un suivi des consommations et performances des bâtiments livrés est, par ailleurs, réalisé dans plusieurs régions afin de mesurer la rentabilité des démonstrateurs et les actions correctives éventuelles à apporter.

La nouvelle phase du programme sur les bâtiments démonstrateurs (2010-2012) aura pour objectif de travailler sur les bâtiments réhabilités ou neufs à très haute performance énergétique ou à énergie positive et les procédés techniques permettant d’en réduire les coûts. Des études socio-économiques et sociologiques facilitant la mise en œuvre des mesures de maîtrise de l'énergie seront également menées.